Monténégro / Ulcijn, j’hallucine
24 août 2007Ulcijn
Arrivés tard dans la fin de l’après-midi bien avancée, nous tirons tout droit en centre ville jusqu’au moment ou l’activité piétonne nous semble la plus intense, à un petit rond point d’où partent 5 rues.
L’accueil est chaleureux, on vient nous questionner gentiment. Le flic qui s’occupait de la circulation vient discuter un long moment, casquette en arrière et ventre en avant.
On se met a la recherche d’une chambre en suivant les “zimmer, rooms, sobe” comme en Croatie, avec parking pour les motos. Lulu part en reconnaissance, Fred garde les motos et papote en anglallemand. La dame qui tient l’agence devant laquelle on est gares vient proposer une chambre et son parking. C’est un peu loin du centre et un peu hors budget pour nous.
Finalement, à 50m de la, une Mamie qui parle allemand et dure en affaire parvient a convaincre Lulu, dure en affaires aussi, et nous propose une chambre tout confort et comme garage la cuisine des clients de cet “hôtel”. Il suffit de pousser tables et chaises et de rouler les tapis. Nous protégeons le carrelage des béquilles en y enroulant des vieilles chaussettes.
Après la douche et un grand coup de clim qui refroidissent à peine nos carcasses, direction la rue devenue piétonne à la tombée de la nuit et la première pizza qui nous tend les bras sa terrasse a l’étage, au calme et avec vue imprenable sur la rue.
On se plonge alors dans l’observation de la rue et on enquête.
On y voit un flot de personnes, plutôt remontant la pente de la rue, comme si elles venaient d’assister à un spectacle, comme un feu d’artifice. Des familles, des enfants qui courent, des poussettes, des groupes de tous âges. Chez les jeunes, des groupes plutôt séparés garçons-filles.
Et des filles très courtes vêtues et très maquillées, en mini short ou mini jupe, avec petits hauts à bretelles genre mouchoir-de-poche, des talons les plus hauts possibles et elles défilent. Mais à la réflexion, c’est comme si tout le monde défilait. La foule est en mouvement perpétuel, pas de groupes arrêtés.
Les commerces ouverts sont des bars peu occupés ou des petites-épiceries avec des frigos vitrés sur la rue (on ouvre, on prend une boisson et on vient payer à l’intérieur).
La densité des passants est déjà forte, le débit se tarit à peine et finalement c’est bien dans les deux sens que tout le monde circule. Comment une si petite ville peut-elle contenir autant ? En fait, nous l’apprendrons plus tard, les gens viennent de tous les environs. L’explication du feu d’artifice se complique… On demande donc à la serveuse s’il y a quelque chose de spécial aujourd’hui, une commémoration, une fête ? « Non, non, c’est tous les jours comme ça ». Nous prenons notre courage à deux mains et décidons d’aller voir de plus prés.
A chaque groupe de filles que l’on croise, on en revient à peine. Encore plus court ! Des talons encore plus hauts, des jambes encore plus longues, du fond de teint jusque dans le dos ! Pas vraiment aguicheuses elles défilent, dans le souci évident de montrer leur corps façon top-modèle… Les plus jeunes ont 12-13 ans et déjà toute la panoplie. Pour certaines, l’exploit est déjà d’arriver à descendre la rue en pente sur leurs échasses, sans parler de la remonter. On peut en voir quelques unes, échouées sur le coté, un pied en l’air ou profitant d’un tabouret salvateur, et d’autres dont la démarche altière est perturbée par un boitillement tenace plus ou moins léger.
En suivant la rue jusqu’en bas, on se retrouve en bord de mer, une promenade de bars ornant une petite anse. On y trouve même 2 cybercafés en terrasse et une boîte à chaque bout. Le défilé s’étend de chaque côté, toujours aussi surprenant par son côté bon enfant et familial.
La plupart des gens ne font que circuler tranquillement et remontent, certains occupent les bars. Il n’y a pas de restaurant et on sent qu’il y a peu de moyens et peu de dépense d’argent, mais beaucoup de plaisir à cette simple balade.
Nous passons un moment à essayer de comprendre ce qui nous étonne le plus et comment le raconter, sans trouver la réponse facilement, et puis pas de photos, donc à vous d’imaginer...
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