Inde / Sticky Delhi
27 janvier 2008Sticky Dehli - Dehli, ça colle !
Le GPS nous a bien aidé à garder le cap (tout droit) pour atteindre notre objectif : Paharganj. Une fois installés, c’est la spirale de l’ennui actif qui s’installe… Nous avons une multitude de tâches à accomplir, plus ou moins faciles, de la révision des motos à la réparation d’appareil photo, et chaque sortie en ville est longue et éprouvante.
Le spectacle envoutant de la rue contribue à nous placer hors du temps. Nous sommes basés sur Main bazar road en plein cœur d’un quartier qui est à la fois le quartier général des touristes voyageurs à petit budget et un authentique quartier de bazar avec des centaines de boutiques en tout genre. D’un côté on trouve des boutiques destinées aux touristes et 100m plus loin un marché, des boutiques d’ustensiles ménagers, d’outils et des couturiers fréquentés par des locaux autant que par des touristes. Les hôtels se comptent par dizaines comme les librairies proposant des livres d’occasion dans toutes les langues de touristes, des journaux et des magazines occidentaux, des montagnes de guides de voyage, Lonely Planet en tête et des cartes postales par milliers. Partout aussi des boutiques d’artisanat, surtout de vêtements et de tapis, des restaurants, des « german bakery », des épiceries pleines des mêmes produits que chez nous. Et dans la rue une foule de rickshaw à moteur ou à pédales demandant des prix exorbitants pour le moindre trajet. Partout aussi une lutte acharnée pour chaque prix non indiqué qu’il faut réduire à moitié au minimum pour se rapprocher d’un montant acceptable, tâche d’autant plus difficile que de nombreux touristes payent sans sourciller les plus hauts prix en commentant parfois en anglais la faible valeur correspondant en euros ou en dollars…
La rue et les ruelles tout autour sont dans le même état de saleté, encombrées de tas d’ordures fréquentes par les vaches, habitées de nombreux touristes le jour, de chiens de vaches et de pauvres en guenilles la nuit.
Des erreurs répétées des boys de l’hôtel nous ont poussé à prendre tous nos repas ailleurs qu’à l’hôtel pourtant idéal pour se soustraire à l’intensité du quartier. Il est placé au calme sur une petite cour en impasse qui cumule les avantages pour nous de nous permettre de travailler sur les motos et de dormir la nuit. Douche chaude et films en anglais 24/24h, connexion Internet poussive (qui nous fait perdre énormément de temps, mais pas d’argent…) complètent ce havre de luxe reposant et pratique bien que totalement impersonnel et sans charme. Sans chauffage aussi comme partout ici, les nuits nous réservent un maximum de 10 degrés dans la chambre, courants d’air en plus. Malgré plusieurs couches des mauvaises couvertures, la meilleure solution est d’utiliser nos duvets.
C’est désormais notre QG pour plusieurs semaines. De même qu’une German bakery qui devient notre principal lieu de repas, pour ses prix raisonnables, ses quantités raisonnables aussi et son personnel un poil moins blasé que dans les autres endroits. Notre qualité d’habitués nous vaudra d’être invités par le jeune patron au diner d’ouverture de la terrasse sur le toit qui lui permet de s’afficher en roof top restaurant, un standing apprécié des touristes qui doivent quand même gravir 8 étages a pied pour en profiter...
Super-efficaces les premiers jours, nous bouclons les courses moto en 3j. Huile, huile de fourche, infos pneus, vis, liquide de frein, bassines, ... L’air de rien tout n’est pas au même endroit et si on veut payer moins cher il faut comparer donc chercher et chercher encore. Comme se balader en moto dans une ville comme Dehli sans se perdre et en restant entier est loin d’être simple, on essaye le métro (moderne, propre et normalement bondé), le rickshaw (guerre des prix et trajet non assuré). Mais il nous faut 4j pour les révisions, ou plutôt 4 après-midi puisque c’est le nom qui convient pour une journée qui commence a 11h30, même si c’est juste après la douche et le petit déjeuner... Il faut dire aussi que nos motos et notre activité mécanique devant l’hôtel nous amènent à de nombreuses discussions.
Nous qui étions choqués par l’indifférence avec laquelle les voyageurs se croisent en Inde, notre équipage facilite ici les échanges et les rencontres aussi avec les touristes ou les gens installés ici.
Nous rencontrons Stéphane, ancien mécano moto, puis Pierre qui tiennent tous les deux un commerce d’export d’artisanat et se proposent de nous aider a mettre au point une solution d’envoi des motos depuis Delhi vers Bangkok. Un montage délicat qui n’est pas dans leurs habitudes.
Nous sommes abordés par Balu, un américain qui a développé avec sa femme Laura, italienne, un commerce de Royal Enfield (ancienne moto anglaise toujours fabriquée en Inde, pour les non-initiés ;-)). En passant quelque temps au premier étage de leur magasin nous faisons la connaissance de Jason, journaliste irano-canadien puis James, néozélandais qui voudrait rallier l’Europe en Enfield. Discussions bien agréables sur les voyages, les pays traverses, les modes de transport, ...
Les jours passent et d’attente de solution de transport en attente de réparation de l’appareil photo nous prenons nos habitudes... Il est temps de bouger ! D’autant que les bonnes raisons pour repousser le départ ne manquent pas. Mais nous voulons aller au Népal avant de partir vers l’Asie, la vraie. Ici c’est le sous-continent pour ne pas dire un autre continent, ni le Moyen Orient, ni l’Asie. Finalement après nos adieux a Balu et Laura, accompagnés par James jusqu’à la sortie de Dehli, nous prenons enfin la direction du nord.
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