Préparation / Motos : le DR de Lulu
19 juin 2007Le DR 350 « Daktari » de Lulu (par Ya2n, journaliste à ses heures)
Présenté en 1988, le DR 350 est l’héritier bien né du savoir faire de Suzuki en matière de tout terrain. Léger, agile et doté d’un moteur vif et toujours présent le « petit » 350 a fait et fait toujours le bonheur des enduristes amateurs qui peuvent s’engager sans complexe sur une épreuve le week-end et partir bosser le lundi à son guidon sans avoir rien d’autre à faire qu’une petite toilette.
Plus abordable et moins caractériel que le 650, avec lequel il fait régulièrement jeu égal sur les chemins, le DR 350 a souvent joué les initiateurs. Sorte de première moto idéale au caractère enjoué, il a mis le pied au cale pied de bon nombre de motards et motardes, souvent nostalgiques de sa fiabilité à toute épreuve. D’autant que ses concepteurs ont fait appel à des solutions techniques flatteuses pour les propriétaires.
Le joli bras oscillant en trois parties est vissé-collé, une technique empruntée à l’aéronautique, et son monocylindre profite d’une culasse 4 soupapes et du refroidissement air/huile cher à la marque pour sortir 30 Ch à 6800 tours/mn.
Le reste de la partie cycle est a l’avenant avec des suspensions de très bonne facture offrant 280 mm de débattement à l’avant comme à l’arrière et un freinage confié à deux disques, 250 mm de diamètre à l’avant et 220 mm à l’arrière, qui sont amplement suffisants à stopper les 130 kg de la moto (avec les pleins).
Un des rares reproches qui peut sérieusement être fait au DR 350 est son autonomie. Malgré le petit appétit du moteur (4 à 5 litres au 100 km) le réservoir de seulement 9 litre ne permet pas de dépasser les 150 km avant de tomber en réserve.
Le réservoir est d’ailleurs une des pièces maitresses de la préparation du DR de Lulu.
Reconnaissable entre tous grâce à sa déco façon Daktari (un clin d’œil au vieux lion ?), ce DR ne cherche pas à dissimuler son orientation « grand raid ». Le petit réservoir d’origine à fait place à un réservoir Acerbis de 16 litres permettant de couvrir 400 km.
Autre modification des plus visibles, le petit phare d’origine à été remplacé par un gros double optique emprunté à une Yamaha. Une greffe réalisé avec succès en Bolivie lors du précédent raid à travers l’Amérique du sud mais qui nécessite un montage méticuleux pour ne pas entrainer un désagréable louvoiement du train avant. Pas encore visible au moment de la prise de vue, l’optique est équipé d’un pare-pierre en plexi et est surmontée d’une bulle pour abriter la pilote. Toujours au rayon des accessoires et modifications destinées à améliorer le confort de bord, des gants chauffants, un tablier et des manchons complètent la panoplie « grand froid » indispensable pour certaines étapes, en Mongolie notamment.. Dans le même esprit, les rétroviseurs d’origine qui avaient la fâcheuse habitude de ne pas tenir en place ont été remplacé par de l’adaptable plus constant et les leviers de frein et d’embrayage ont été percés pour s’assurer qu’ils cassent au bon endroit en cas de chute. Le moteur pour sa part se voit équipé d’un pare-carter droit emprunté à un V-max dont l’adaptation a été assuré par l’équipe de Zone Rouge.
A l’inverse du confort, il a fallu aussi creuser la selle pour permettre à Lulu de poser les pieds par terre. L’adoption de pneus cross à crampons ayant largement augmentée la hauteur de selle. La béquille a également
été équipée d’une large plaque soudée à l’extrémité pour limiter son enfoncement dans les terrains meubles. Moins visible mais tout aussi indispensable pour affronter les chemins qui attendent nos deux voyageurs, les suspensions ont fait l’objet de soins attentifs. A
l’avant les ressorts de fourche d’origines ont été remplacés par des éléments Honda Africa Twin plus longs et plus résistants pendant que l’arrière se voit doté d’un magnifique et très efficace Ohlins réglable dans tous les sens.
L’autre reproche qui peut être fait au 350 DR, contrepartie de son petit gabarit, est sa faible capacité de transport. Un reproche qui n’a pas résisté longtemps à la grande maitrise du système D acquis par Fred et Lulu. En s’inspirant du bâti de valise Touratech qui équipe le « Truc » de Fred, ils ont réalisé leur propre système d’arrimage
pour le DR à partir de tube d’acier de 18 mm de diamètre et 2 mm d’épaisseur. Petit détail croustillant qui provoquera sans doute quelques discussions passionnées sur les forums motards, la partie droite a été soudé à l’arc par Fred, la partie gauche a été brasée par Lulu. Quel coté résistera le mieux aux aléas de la piste ? Il faudra suivre leur aventure pour le savoir. En tout cas ils n’ont pas été avares sur les finitions puisque le bâti a été galvanisé avant d’être vernis.
Après avoir affronté les pistes d’Amérique du sud au guidon d’un DR350 c’est donc avec la même machine que Lulu s’engage pour un nouveau périple de 50 000 km autour du continent européen et asiatique, ce qui confirme tout le bien que l’on pense de cette attachante petite moto. Seule différence, cette fois le DR est équipé du démarreur électrique qui caractérise le modèle S depuis 1993 . Pourquoi se priver du bon échauffement matinal que représente un démarrage au kick ? Et bien faites l’Amérique du Sud sans, vous aurez votre réponse...
Voir aussi : Préparation des motos
Pour aller plus loin : présentation du DR par Fred, en vidéo !
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