Inde / Far West indien
2 janvier 2008[Inde - décembre 2007]
Région de Shekhawati. Du moins c’est celle que l’on visait, juste à l’ouest de Delhi, sur notre chemin vers le Rajasthan, ses mérites vantés par ce satané guide LP… mais notre progression à travers les villages et sur les routes surpeuplés est très lente et la route jamais dégagée. Lorsque les véhicules, les piétons, les chiens et les troupeaux errants nous laissent quelque repos, ce sont les singes qui nous inquiètent. Par colonies entières ils occupent les bas côtés, se risquant sur la route pour y récupérer on se demande quoi à manger. Ils sont calmes et ne bougent que très peu à notre arrivée. C’est tout juste s’ils nous lancent un regard.
La circulation ne nous laisse aucun répit, c’est une lutte de tous les instants. A peine se remet on d‘un croisement sauvage avec un bus qui nous a fait prendre le bas côté, que les nids de poules ou des parties de terre ou de boue nous font zigzaguer, essayant d’éviter vélos, vaches et piétons. Enfin soulagés de retrouver une portion plane de bon bitume, et c’est un concert de klaxon qui annonce l’arrivée par derrière de taxis jeep (les savaris) se doublant en trombe et sans visibilité sur toute la largeur de la route lors que plusieurs camions font de même dans l’autre sens. Tout ce beau monde klaxonne à nouveau, évite, freine le moins possible et, si il n’y a pas de casse, repart de plus belle vers un nouvel affrontement. Parfois des nuages de poussières soulevés par les participants ajoutent au décor une note… féérique. Nous devons regarder devant et derrière, ne pas oublier la largeur inhabituelle de nos motos, ne pas nous perdre de vue, épargner la mécanique, c’est-à-dire éviter les plus gros trous et les freinages trop appuyés, et ne pas oublier non plus qu’ici il n’y a ni permis de conduire, ni assurance. Bref le soir nous avons les courbatures habituelles et de bonnes au cou et à la mâchoire (et bien sûr c’est au premier qui dira « ouille, j’ai du mal à la mâchoire »...).
L’étape du soir est décidée par la tombée de la nuit et la taille du village qui laisse espérer la présence d’un hôtel. Jindh est l’heureux élu. Sombre, sale, poussiéreux, son seul avantage, discutable, est de ne jamais voir de touristes, même indiens, s’y arrêter.
Il fait nuit et cette ville comme beaucoup en Inde n’a pas les moyens d’un éclairage public. Le comité d’accueil qui vient se coller aux motos est du genre masculin, pas très jeune et rude, voire aviné pour certains. Un vieillard complètement saoul nous colle un peu trop, prenant Fred par le bras plusieurs fois en réclamant bien sûr un coup à boire. Repoussé énergiquement une première fois il semble ne plus insister mais le temps que Fred aille jeter un coup d’œil à l’hôtel pour le choix définitif de la seule chambre disponible et l’ivrogne s’en prend à Lulu qui tente de lui échapper en faisant le tour des motos. Rapidement les autres spectateurs et les boys de l’hôtel interviennent, l’écartant violemment et bruyamment, le jetant à terre. Il s’affale de tout son long à moitié sur la route, sa tête heurte le bitume et il ne bouge plus, probablement assommé Nous sommes prestement invités à déposer nos premières affaires dans l’hôtel alors qu’un des boys attrape l’ivrogne par un bras et le tire de la route vers le bas côté de terre qui sert de trottoir. Un aller-retour à la chambre et lorsque nous revenons le vieillard a disparu.
L’entrée et l’installation des motos dans le hall n‘est pas des plus faciles (le carreau de la marche s’en souviendra longtemps…) mais c’est l’occasion de faire la connaissance des autres clients de l’hôtel. Il nous reste à installer notre chambre, tenter une douche à l’eau froide, refuser poliment l’invitation du patron de l’hôtel à le rejoindre achever sa cuite et nous effectuons une courte sortie dans la rue pour acheter de l’eau, des biscuits et nous convaincre que manger à l’hôtel est la meilleure solution, si ce n’est la plus simple sans parler la même langue, sans carte et bien sûr sans salle de restaurant…
Au petit jour après une bonne nuit grâce à nos bouchons d’oreilles, cette ville est un peu moins sinistre et encore calme et nous trouvons un chemin vers le toit pour en profiter et prendre quelques photos.
Pour en revenir à notre première idée, celle d’explorer le Shekhawati, c’est bien raté pour cette fois mais nous recommençons au retour de Rajasthan et cette fois nous pouvons admirer les fameuses Haveli (maisons bourgeoises traditionnelles) et leur peintures plus ou moins anciennes.
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