Tetière photo paysage
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Inde / Cérémonie frontalière

18 décembre 2007

Fidèles à notre fâcheuse habitude, nous quittons un peu tard notre hôtel de Lahore. Ne pouvant offrir aux motos un parking plus décent qu’une sinistre ruelle nous avions monté dans notre chambre la totalité des bagages, pneu, top-cases et valises compris. Redescendre le tout et fixer l’ensemble avait pris plus de temps que prévu, ainsi que les derniers adieux et séance photos qui prennent toujours plus de temps qu’on l’imagine.

La frontière est proche, à peine 30km, mais le trafic et l’affichage des directions, chaotiques, parviennent à nous perdre. Et cette fois à nous perdre l’un l’autre ! Fred s’arrête convaincu que Lulu a été retenue pendant la traversée d’un carrefour, peut-être même renversée par la presse de quelque véhicule comme c’est déjà arrivé deux fois au Pakistan (dont une fois par une mule) et remonte la file en sens inverse. Lulu fait demi-tour n’arrivant plus à rattraper Fred qu’elle a dépassé dans le plus grand secret et renseignée par un rickshaw qui lui indique qu’il est derrière. Les deux voies sont séparées par un canal et il est difficile de surveiller sa propre voie et celle d’en face pendant que les badauds s’accumulent… Une demi-heure de perdue mais finalement nous nous retrouvons et pouvons échanger nos points de vue : « ben t’étais où ? kestufoutais ? » « toi pareil ! »…

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Finalement nous voici à la frontière pour la petite cérémonie mais aussi la grande. La petite c’est l’habituelle, celle des papiers, formulaires, guichets et tampons. La grande c’est une particularité très locale et plutôt étonnante. L’Inde et le Pakistan ne s’aiment pas beaucoup. Leurs presses respectives alimentent la discorde avec plaisir et leurs armées respectives se menacent à tour de rôle depuis leurs quartiers d’été au Kashmir. Et pourtant, ici au poste frontière entre Lahore et Amritsar, tous les soirs à la tombée de la nuit, les gardes de chacun des pays se livrent à une véritable chorégraphie. Le défilé des patrouilles de fermeture des grilles et descente des drapeaux est identique et synchronisé. A grand renfort de cris elles se déplacent en file indienne à un pas très cadencé, levant les jambes le plus haut possible et claquant des talons le plus fort possible. Les chefs de patrouilles opposées se rencontrent au niveau de la barrière centrale, se serrent la main et repartent.

Le spectacle est tellement rodé et apprécié que des centaines de spectateurs prennent place sur les gradins en béton qui bordent la route au sein même du poste frontière, de chaque côté. Le côté pakistanais se distingue par son uniformité de couleur (blanc, bleu pâle, beige pâle) quand le côté indien se distingue par sa multitude de couleurs. Et pour corser le spectacle, un animateur au micro, de chaque côté fait scander le même slogan à la foule, à un détail près "Pakistan, zindabad !" ou "Hindustan, zindabad !" « Longue vie au Pakistan », « Longue vie à l’Inde ».

Quant à nous, présents pile poil au moment de la fermeture de la frontière, qui est notre moment de passage préféré, nous prenons place dans les gradins, côté indien, avec une faveur pour Lulu qui peut accéder aux gradins des femmes, plus tranquille et bien placé. (Malheureusement pour la qualité des photos nous manquons d’un gros téléobjectif et de la possibilité de nous déplacer)

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